mercredi 23 octobre 2013

Finance Islamique participe au financement du terrorisme


En matière de Finance Islamique, la méconnaissance du sujet permet certaines confusions autrement plus troublantes que la précédente. Ainsi est-on parfois confronté à un amalgame entre, d’une part, la Finance Islamique et, d’autre part, l’intégrisme religieux et le financement du terrorisme. Or, rien, ni dans la théorie, ni dans la pratique, ne permet d’établir un lien quelconque entre ces deux phénomènes.

Sur le plan théorique, il y a une opposition de principe entre l’esprit de la Finance Islamique et les finalités des activités terroristes. La Finance Islamique regroupe un vaste éventail d’activités conformes à la loi coranique, la Charia. Il s’agît ici d’une application transparente et respectable des règles économiques, sociales et politiques de l’Islam. Rien à voir donc avec la nébuleuse du financement des activités terroristes.

On note, par ailleurs, que certains paradis fiscaux « occidentaux » sont fortement suspectés de participer, passivement au moins, au financement du terrorisme.

Dans la pratique, l’essentiel du financement terroriste se fait hors circuits bancaires, islamiques ou non. Il s’appuie essentiellement sur des mécanismes plus simples, souvent informels, qui échappent au système bancaire (comme l’awallah, qui s’apparente à la lettre de change). Le développement d’institutions financières réglementées, capables de capter cette épargne informelle, pourrait, au contraire, aider à réduire le détournement de fonds à des fins terroristes.
La récente décision des autorités algériennes d’autoriser les opérations de banques islamiques a, en effet, été justifiée en partie comme un début de réponse à ces problèmes. La Banque Centrale algérienne a autorisé des produits financiers islamiques en réponse à la multiplication des canaux financiers illégaux qui échappaient à tout contrôle officiel. Ces dernières années, le gouvernement avait ainsi observé une montée des mouvements fondamentalistes proposant des prêts exempts d’intérêts, en particulier pour le financement immobilier. L’attrait de ce type de financement réside dans le fait qu’il se revendique shariah compliant, la Charia interdisant toute transaction financière porteuse d’intérêt. Mais de telles pratiques existant en-dehors de tout contrôle par les autorités financières présentent des risques de fraude, de blanchiment d’argent ou de financement d’activités criminelles ou terroristes

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