Les
prémices de la crise financière actuelle ont vu le jour au cours de l’été 2007.
Un ralentissement de l’activité économique conjugué à une hausse des taux
d’intérêt a contribué à l’augmentation du taux d’endettement de ménages
américains. En effet, l’injection massive de crédits à des ménages à faible
revenus, qui a permis de booster les achats de biens immobiliers, a conduit à
un phénomène de bulle inflationniste (The subprime Crisis and House Price
Appreciation, Goetzmann, Peng,
Yen, Mai 2009). Mais lorsque les familles modestes se sont retrouvées
dans l’incapacité de rembourser leurs crédits,
les banques n’étaient plus capables de récupérer les fonds prêtés dans
les tran
ches « subprime », ce qui a causé de forts dommages aux
établissements financiers américains.
Pour
amortir ces effets des crédits supbrimes, les banques ont procédé à des
opérations de titrisation afin de rendre leurs prêts bancaires illiquides, par
nature, en titres négociables sur des marchés financiers. Ces titres qui
présentaient des rémunérations fortement prometteuses ont séduits de nombreux
fonds spéculatifs à travers le monde. Ainsi une des causes qui a contribué à la
propagation de la crise, fut la découverte par les investisseurs de montages
financiers extrêmement risqués, ou plutôt de montages dont le risque était
impossible à évaluer (Philippe Jurgensen, La crise morale qui a entrainé la
crise financière ; 22/10/2008). Les révélations des valeurs détériorées
des produits titrisés ont provoqué une contagion de cette crise jusqu'en Europe
et en Asie.
Toutefois,
l’évènement majeur de cette crise qui la fait basculer en crise systémique a
été la faillite de la banque d’investissement Lehman Brothers, en septembre
2008. Cette faillite a accentué la crise de confiance entre les établissements.
Les banques refusaient par précaution de prêter de l'argent à leurs clients ou
même entre elles. Rapidement, certains établissements bancaires ont manqué de
liquidité et n'ont plus été capables d'honorer leurs engagements financiers.
Ces banques n’ont plus eu de solutions pour réagir à ce manque de liquidité que
de vendre leurs actions et obligations en masse.
Ceci
a eu un impact plus grave sur les bourses mondiales et les valeurs boursières
des banques qui ont connu des chutes brutales entrainant avec eux les chutes
des actions des entreprises dans les autres industries. Ainsi, en une semaine,
du 9 au 16 août 2007, les principaux indices boursiers mondiaux ont connu des
corrections brutales à la baisse: « En Allemagne, Dax: - 4,42 % ; Aux Etats-Unis,
Dow Jones: - 5,95 % ; Nasdaq: - 6,16 %; Au
Royaume-Uni, FTSE 100: - 8,37 % ;Au Japon, Nikkei: - 10,3 % ; Et en
France, CAC 40: - 8,42 %» (Journal du net, Crise économique et financière :
causes et situation, 2010). C’est ainsi que la crise initialement
bancaire s’est transformée en crise également boursière.
Le
schéma suivant décrit l’enchainement des effets liés à cette crise, et résume
le lien entre le système d’octroi du crédit, la crise de liquidité et les
faillites qui s’en sont suivies.
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